Mon histoire …
 
                                               


Un rêve de gosse, réalisé à l'âge de 30 ans :

Depuis toute petite, cette idée me trottait dans la tête et ma grande attirance pour la nature et le vivant m'y a fortement encouragée. Non issue du milieu agricole, la difficulté était de taille mais un peu inconsciente, ou rêveuse, ou optimiste, j'ai suivi le cursus en vue d'une future installation.
D'abord un BTA au Lycée agricole des Vaseix (87), puis un BTSA ACSE au Lycée agricole de Périgueux et un autre dans l'agro-alimentaire, examens en poche, l'aventure pouvait alors commencer, mais le plus facile était fait !

Très attirée également par la technique et l'informatique, j'ai passé une licence de radio-amateur et suivi quelques formations en informatique et programmation, ce qui m'a permis de travailler quelques années avant de trouver « la » ferme et de m'installer.

Et voilà le début des difficultés… celles de trouver la ferme, de suivre le parcours du combattant de l'installation et des débuts, dans des conditions très difficiles puisqu'il fallait tout imaginer et tout créer tout en assurant un revenu le plus rapidement possible. Mais bref il fallait s'y mettre et c'est ce que j'ai fait.

Pour la petite histoire, concernant cette ferme, j'ai appris voilà quelques années qu'un de mes ancêtre l'avait habité il y a environ un siècle. Elle n'était pourtant pas un patrimoine familial ! … hasard, vous avez dit hasard ?

Ma ferme et moi :



Je me suis donc installée, en 2000, sur la commune des Cars en Haute-Vienne. Sur la ferme, les productions se sont succédé, d'abord parce qu'il est bon pour moi de ne pas toujours faire la même chose, mais il m'est bon aussi de découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles techniques qui attisent ma curiosité avec un souci de cohérence et de cohésion entre les productions et le but d'aller vers le plus d'autonomie possible, tant pour la ferme que pour le foyer. Cet objectif est aujourd'hui quasiment atteint.
Il y a eu des productions animales, allant des volailles de chair, aux moutons, en passant par les vaches. Il était doux de travailler et de se trouver en présence de ces animaux, mais il était de plus en plus difficile de me résoudre à leur faire infliger le sort de tous les animaux d'élevage, c'est à dire l'abattoir. J'ai donc réussi, toujours dans un souci de cohérence, à détacher petit à petit mon système des productions animales et de viser le tout végétal, à l'exception de l'activité apicole.
La ferme compte aujourd'hui 35 hectares de SAU, de surface agricole utile, en plus d'une douzaine d'hectares de taillis de châtaigniers. Ces derniers assurent bois de chauffage, piquets de clôture et plessis selon les besoins. Les bouleaux sont présents de manière disséminée à l'intérieur des taillis ou de manière plus isolée sur les parcelles.
Les pommiers ont été plantés l'année de mon installation et sont aujourd'hui en production, mais n'ont encore pas atteint l'optimum de leur potentiel de production.
Les cultures ont remplacé petit à petit les animaux malgré le fait qu'il y ait toujours des chevaux de loisirs, deux vaches retraitées, un cochon de compagnie et quelques moutons.

Les principales cultures présentes aujourd'hui sont les oléagineux (colza, navette, cameline, tournesol) avec un objectif de transformation en huile et en tourteaux pour les animaux ( très recherchés pour leur richesse en apports protéiques). On trouve aussi du méteil* en culture de vente et du foin de prairies, le plus souvent « naturelles ». J'implante également des jachères mellifères et tout cela fournit une diversité florale nécessaire aux abeilles et à la biodiversité en général, mais sert aussi à restructurer les sols un peu tassés ou épuisés, afin de leur restituer un maximum d'éléments essentiels à la bonne santé des cultures suivantes.

Les ruches sont disséminées sur toute la surface de la ferme, afin de profiter pleinement des cultures et des plantes sauvages de leur environnement le plus proche. 
L'eau est présente sur toutes les parcelles, sous forme de sources, mares, serves ou ruisseaux. Sourcière à mes heures, la ferme toute entière est alimentée uniquement avec de l'eau trouvée par mes soins et captée dans la forêt, elle descend par gravité jusqu'aux bâtiments.

Je vous laisse le soin de découvrir chaque production et ma manière de les appréhender dans les différents onglets de ce site …

Travailler avec la nature et non contre elle :



L'agriculture biologique s'est imposée comme une évidence. Le souci de la qualité, de la santé humaine et du respect de la nature ont largement motivé ce choix.
Cette agriculture demande une bonne maîtrise technique, un œil attentif et une bonne « connexion » avec l'ensemble du système, animal, végétal, minéral et humain, afin d'anticiper et de prévenir, pour ne pas laisser s'installer les maux.
Des formations supplémentaires se sont donc très vite imposées à moi et grâce au réseau de l'ARDEAR, d'autres paysans et moi-même avons pu nous former à l'homéopathie, la phytothérapie, l’aromathérapie, la biodynamie, l'agroécologie, le compostage, etc … Toutes ces techniques sont largement utilisées sur ma ferme.
Curieuse et toujours à la recherche de cohérence et de diversité, le choix des productions a toujours été réfléchi de manière à ce qu'elles soient complémentaires et qu'elles s'associent dans un système gagnant-gagnant avec un soucis permanent d'autonomie.

La biodiversité est invitée à s'installer ici (j'ai mis des panneaux en ce sens !!! ). Je lui assure nourriture et logement grâce aux haies, bosquets, arbres isolés, taillis bien présents, abris à insectes et à chauve-souris et bien sûr, par la non-utilisation de pesticides destructeurs. En échange, la présence de ces auxiliaires assure une régulation permanente des ravageurs qui seraient tentés de goûter aux récoltes !

Mes engagements personnels : 

Défenseure d'une agriculture propre, de qualité et à taille humaine, je suis naturellement allée vers la Confédération paysanne, avec laquelle j'ai aujourd'hui quelques engagements syndicaux à l'échelle départementale et suis une des représentante de ce syndicat à la Chambre d'agriculture de la Haute-Vienne. Ceci m'a valu la décoration de chevalier de l'ordre du mérite agricole en 2016.
Je suis également très engagée dans le tissu local et associatif où je défends toujours le « circuit court », qu'il soit agricole, artistique, culturel ou artisanal mais avec toujours en tête le développement durable.





*Méteil : Mélange de céréales et protéagineux récolté pour le grain
Mon mélange est composé de blé, triticale, avoine, petit épeautre, pois, féverole et vesce



                                                                                               
            Méteil en graines                                                                                                                                                    Méteil en fleurs
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